Voyage 2014

Visitez la Nouvelle Angleterre en juin prochain !

Docomomo Québec

Venez lire les dernières nouvelles !

Action patrimoine

Architecture et paysages du Québec

Fondation Le Corbusier

Conservation, connaissance et diffusion

Kollectif.net

S'informer architecturalement

Affichage des articles dont le libellé est Robert Mallet-Stevens. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Robert Mallet-Stevens. Afficher tous les articles

mardi 12 mai 2009

Noailles: une villa en cache une autre


Je m'avançais vers la Villa de Noailles avec appréhension. Pour moi, c'était ici qu'aurait lieu l'apothéose d'un voyage qui avait été jusque là une succession de moments forts, où il avait été possible de voir et de toucher ce qui n'était jusqu'alors que photos dans des livres et descriptions.

Mais Noailles a une histoire pas très linéaire qui est évidente quand on arrive à ses portes. La petite villa aux formes pures et simples que l'architecte Rob Mallet-Stevens a concoctée dans les années 1920 est en réalité un château tarabiscoté étalé sur une colline abrupte et constitué d'ajouts et de compléments asynchroniques que le vicomte Charles de Noailles, qui se piquait d'esthétisme moderne, a imaginés, plus ou moins avec le concours de l'architecte. Les réceptions se sont faites plus nombreuses, la famille s'est agrandie et a vieilli: bref, les besoins ont changé, et la villa a suivi.

Ce n'est peut-être pas une excuse, mais Mallet-Stevens construisait à la même époque à Paris les six villas de la rue qui porte son nom, dans le 16e arrondissement. Supervisée de loin, la villa de Noailles semble avoir loupé les liens constructifs entre sa conception et sa réalisation; elle a vraiment l'air d'avoir été construite comme un décor de cinéma, la profession qu'exerça semble-t-il avec talent Mallet-Stevens avant de s'attaquer aux «vrais» bâtiments.

Témoin d'une époque, la villa a obtenu un statut juridique protégeant l'extérieur en 1975, complété par la protection de l'intérieur en 1987. On en est rendu à la cinquième campagne de restauration, portion par portion. On s'attaquera bientôt à la restauration de la coloration de l'extérieur du bâtiment central, opération qui devrait faire disparaître la couleur saumonée actuelle pour un gris chaleureux qu'on imagne animé par le lumineux soleil provençal. Le choix de la teinte retenue a fait l'objet de longues recherches dans les archives, et sur le bâtiment lui-même.

Marc Doré

dimanche 5 avril 2009

La villa de Noailles à Hyères

Robert Mallet-Stevens (1886-1945), architecte, décorateur et enseignant à l’École spéciale d’architecture à Paris, de 1903 à 1906, est une figure emblématique de l’entre-deux-guerres. Les productions de cet architecte français de la modernité incluent des décors de films, des villas prestigieuses, l’Exposition des arts décoratifs de 1925, la fondation de l’Union des artistes modernes (UAM) et l’Exposition internationale de Paris de 1937.

La villa de Noailles, première réalisation de Mallet-Stevens, assisté par Léon David, architecte d’exécution, se situe à Hyères dans le Var et fut commandée en 1923 par des aristocrates fortunés, le vicomte Charles de Noailles et son épouse Marie-Laure de Noailles, qui désiraient une « petite maison, intéressante à habiter pour profiter du soleil»(1). Leur résidence, marquée par de nombreuses modifications successives, devient un étrange château moderne dominant la vieille ville et la côte varoise.

Cette villa composite de plus de 2000m2 et qui compte une soixantaine de pièces, répond aux pratiques de théories hygiénistes. Elle abrite des œuvres d'artistes de renom Mondrian, Jacques Lipchitz, Theo van Doesburg. Son architecture blanche et épurée, aux façades homogènes mais à la composition disparate, est influencée par le cubisme, le constructivisme ainsi que le mouvement De Stijl.

L’entièreté de la villa est inscrite à l'Inventaire des monuments historiques depuis 1987, après son inscription partielle en 1975. L'état de restitution choisi pour sa restauration est celui de 1930, date de référence où la villa fut réalisée dans sa totalité et non encore altérée. Trois campagnes de travaux se sont succédées depuis 1989 pour son recyclage en centre culturel de rencontres pour les et artistes et créateurs. Les travaux se sont finalement achevés en 2001.(2)

Aude Buttiero

SOURCES:
(1) Centre Georges Pompidou, 2005
(2) Ministère de la Culture et des Communications