Voyage 2014

Visitez la Nouvelle Angleterre en juin prochain !

Docomomo Québec

Venez lire les dernières nouvelles !

Action patrimoine

Architecture et paysages du Québec

Fondation Le Corbusier

Conservation, connaissance et diffusion

Kollectif.net

S'informer architecturalement

Affichage des articles dont le libellé est Les cités de loisirs au bord de l’eau. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Les cités de loisirs au bord de l’eau. Afficher tous les articles

dimanche 17 mai 2009

La Grande Motte: le moderne joyeux


Née dans les années 1960 des rêves un peu fous de l'État gaullien qui a commandé en Camargue l'assèchement et le surhaussement de zones marécageuses en bord de mer, la ville balnéaire de La Grande Motte a été pensée et dessinée jusque dans les détails les plus infimes par l'architecte Jean Balladur, qui en fut d'abord l'urbaniste, mais aussi le promoteur. Ayant aujourd'hui presque complètement bâti le territoire dont elle avait hérité, cette ville située dans la grande agglomération de Montpellier a une population «normale» de 8000 habitants; mais en été, 100 000 personnes y vivent. Curieusement, cette architecture très «sixties» avec ses pyramides d'inspiration mexicaine, l'omniprésence du béton et ses plages de sable fabriquées et mécaniquement entretenues est un pari réussi. En son centre, la ville est parsemée de pyramides de 12 à 15 étages, suffisamment éloignées les unes des autres et à l'orientation variable pour qu'on ne sente jamais un écrasement qu'aurait pu susciter la forte densité et les matériaux dominants. Comme à Port-Grimaud, le port est plein de voiliers, mais ici, on n'a pas le sentiment de vivre dans un univers de carton-pâte. Pas de style néo-provençal, que du moderne soigneux, joyeux, lumineux; cette création des années 1960 est devenue une véritable ville. Mais Port-Grimaud a déjà obtenu son label Patrimoine du XXe siècle, tandis que les élus de La Grande Motte viennent à peine de prendre conscience qu'il y a un travail à faire pour protéger une utopie réalisée au caractère unique.

Marc Doré

mardi 12 mai 2009

En avant moussaillon!


L'architecte François Spoerry a eu l'idée au début des années 1960 de créer de toutes pièces un village lacustre où le Français moyen pourrait venir passer ses vacances en famille au bord de la mer, son voilier stationné devant la maison individualisée au look provençal. Ce fut Port-Grimaud, une sorte de Venise moderne de carte postale dont il fut l'idéateur, l'urbaniste, l'architecte, le promoteur et le constructeur, installant son utopique village dans une zone marécageuse complètement «nettoyé» de son éco-système naturel. C'était les années 1960, on ne s'embarrassait pas de considérations écologiques et il fallait donner aux Français les lieux de loisirs que commandaient leurs nouveaux moyens économiques et la composition sociale de leur société, où après tout les cadres sup' n'allaient pas en vacances avec le peuple.
Port-Grimaud, que Spoerry reproduisit plus tard en quelques exemplaires, entres autres aux Etats-Unis, a maintenant une reconnaissance patrimoniale, témoin des idées d'une autre époque. Le village est un curieux mélange de vraie vie et de théâtre, où on peut jouer au maître à bord dans un environnement individualisé qui permet de ne pas avoir de contacts avec ses voisins, comme en banlieue pavillonnaire. La vue des bateaux enlignés le long des canaux sinueux est impressionnante, tout comme cette suite de petites maisons colorées et uniques qui soulignent le féroce individualisme de leurs occupants et leur intégration sociale réussie dans leur groupe socio-économique.
Ironiquement, ces capitaines d'opérette ne vivaient leur rêve que deux semaines par année, bien souvent incapables de manoeuvrer leur bateau, qu'un skipper professionnel menait en mer quelques fois par été pour une excursion.
Encore aujourd'hui, en dehors des vacances d'été, Port-Grimaud a une population clairsemée; mais peut y louer un kit local de capitaine et vivre la vie de bord de mer dans un village de 2000 habitants. Les touristes y passent nombreux, même s'il n'y a pas vraiment d'attractions pour eux. Notre groupe y est arrivé au moment où, profitant d'un long congé, des motards cinquantenaires de toute l'Europe y tenaient un énorme rassemblement en faisant pétarader leurs Harley-Davidson autour de Port-Grimaud. La rencontre de ces deux univers de compensation avait quelque chose d'hallucinant!


Pour en savoir plus: http://www.port-grimaud.fr/

Marc Doré

mardi 10 mars 2009

Cité balnéaire de La Grande Motte, 1964-1988



À l’été 1962, le gouvernement de la France lance dans le Languedoc-Roussillon, une grande opération d’aménagement d’une station balnéaire capable d’endiguer le flot touristique français estival vers l’Espagne toute proche. Le gouvernement octroie alors la tâche de concevoir La Grande Motte à l’architecte Jean Balladur, qui vient de découvrir lors d’un voyage au Brésil la Brasilia d’Oscar Niemeyer. Cette architecture de béton influence le développement du projet Balladur qui s'emploie alors à mettre en œuvre toute la souplesse du béton moulé et préfabriqué. Balladur se rend ensuite au Mexique pour observer les pyramides précolombiennes du site de Teotihuacán, sorte d’évocation géométrique des montagnes qui entourent la plaine de Mexico. La Grande Motte évoquera à son tour les Cévennes. Comme toutes les villes nouvelles créées au cours de ces années, la Grande Motte entretient des liens étroits avec l'aménagement du territoire. La démarche conceptuelle de Balladur, va tendre à équilibrer tourisme et habitat, puis à concilier structures d'accueil et sites naturels. Le projet qui ne se fera pas sans oppositions, va tout de même aller de l’avant. En février 1965, la première drague arrive sur le chantier et en juillet 1967, le port est inauguré. À l’été 1968, les vacanciers découvrent l’architecture originale de cette cité balnéaire composée de pyramides alvéolées – figures masculines –, ainsi que de conques – figures féminines – qui semblent jaillir tout droit du sol. La station touristique devient officiellement une ville en 1974. Aujourd’hui, La Grande Motte est devenue l’une des stations préférées des Français issus de la classe moyenne. Aujourd’hui, cette ville est protégée par le label « Patrimoine du XXe siècle » et on y a établi une zone de protection du patrimoine architectural et urbain et du paysage (ZPPAUP). Utilisé par les acteurs administratifs, cet outil de protection vient s’ajouter à la loi de 1913 et à la protection des sites.








Soraya Bassil

Ce site a été visité le 13 mai 2009 en compagnie de Claude Prélorenzo, professeur, École nationale des Ponts et Chaussées, secrétaire général de la Fondation Le Corbusier.



Les Cahiers de la recherche architecturale, n° 32/33, 3e trimestre 1993
http://www.enpc.fr/enseignements/Picon/GrandeMotte.html%202009-03-06

Office de tourisme de La Grande Motte
http://www.ot-lagrandemotte.fr/

Mairie de La Grande Motte
http://www.lagrandemotte.fr/

Les patrimoines de l'architecture du XXe siècle en France







DOCUMENTAIRES: